Publié le 28.01.2026
Toute personne dispose, dès son entrée sur le marché du travail et jusqu'à son départ à la retraite, d'un Compte Personnel de Formation (CPF), dispositif en vigueur depuis le 1er janvier 2015. C'est une réserve d'argent utilisable tout au long de la vie active, y compris en période de chômage, pour suivre certaines formations certifiantes ou non.
Nous vous présentons les principales règles applicables aux salariés du secteur privé ; les agents de la fonction publique et les travailleurs non salariés bénéficient aussi d'un droit au CPF mais dans des conditions différentes.
Qui sont les bénéficiaires ?
Le CPF est ouvert pour toute personne âgée d'au moins 16 ans qui a la qualité de salarié, notamment. Il concerne également les demandeurs d'emplois, travailleurs en situation de handicap d'un établissement médico-social de travail...
Par dérogation, un CPF est ouvert, dès l'âge de 15 ans, au jeune qui signe un contrat d'apprentissage après avoir achevé la scolarité du collège.
De quelles façons est-il alimenté ?
Alimentation régulière
Le CPF est alimenté en euros, et non plus en heures depuis le 1er janvier 2019, par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), gestionnaire du système.
Pour les salariés, les droits au CPF sont calculés à partir des données déclarées par les employeurs dans la Déclaration Sociale Nominative (DSN).
Ils sont fonction de la durée du travail. Ainsi pour un salarié à temps plein ou au moins à mi-temps la somme créditée sera de 500 € par année de travail, dans la limite d'un plafond de 5.000 €.
Un salarié travaillant moins d'un mi-temps voit ses droits proratisés en fonction de sa durée de travail. Des spécificités sont prévues pour les salariés en forfait en jours ou ayant une rémunération déconnectée d'un horaire de travail. De même, des salariés peuvent bénéficier de droits majorés (crédit de 800 € par année de travail avec un plafond de 8.000 €) tels les travailleurs en situation de handicap ou n'ayant pas un niveau de diplôme équivalent au CAP-BEP.
Si vous avez un emploi l'année N, vos droits sont crédités entre le 30 janvier et le 15 juin de l'année N+1.
Alimentation supplémentaire
Le CPF peut recevoir des crédits supplémentaires, notamment de l'employeur si un accord collectif d'entreprise, de groupe ou de branche le prévoit.
Comment accéder et gérer le compte ?
Le CPF s'appuie sur un service dématérialisé gratuit.
Pour visualiser les droits acquis et obtenir des renseignements sur les actions de formation, un espace personnel doit être créé au sein de la plateforme internet officielle.
L' application "Moncompteformation" est également téléchargeable sur un téléphone portable.
L'inscription et la commande d'une formation requiert une authentification via France Connect +. À défaut, une solution alternative, passant par le remplissage d'un formulaire de demande de vérification d'identité, a été mise en place.
Pour quelles formations peut-il être utilisé ?
Formations éligibles
Les formations pouvant être suivies dans le cadre du CPF sont strictement délimitées.
Sont, notamment, éligibles au CPF :
- Les actions de formation sanctionnées par un diplôme ou un titre enregistré au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) : CAP, baccalauréat, certificat de spécialisation,...
- Celles sanctionnées par les certifications et habilitations enregistrées dans le répertoire spécifique (RSCH) : habilitations électriques, Certificat d'Aptitude à la Conduite En Sécurité (CACES), certifications en langues,...
- Les formations dispensées aux créateurs ou repreneurs d'entreprise sous réserve, depuis le 16 février 2025, qu'elles soient sanctionnées par une certification enregistrée au RNCP ou au RSCH,
- Les bilans de compétences,
- Les actions permettant de faire valider les acquis de l'expérience (VAE),
- La préparation aux épreuves théoriques et pratiques de toutes les catégories de permis de conduire d'un véhicule terrestre à moteur ainsi que l'apprentissage anticipé de la conduite, sous réserve dans certains cas de ne pas disposer déjà d'un permis de conduire en cours de validité (exemple : le titulaire d'un permis B ne peut financer un permis moto avec son CPF et réciproquement).
Pendant le temps de travail ou pas ?
Au préalable, précisons que le CPF ne peut être mobilisé qu'à l'initiative de son titulaire. Le refus du titulaire du compte de le mobiliser ne constitue pas une faute
Formations suivies hors temps de travail : pas d'accord de l'employeur requis.
Les formations suivies dans le cadre du CPF hors temps de travail ne sont pas soumises à l'accord de l'employeur.
Ajoutons que l’employeur n’a ni rémunération, ni allocation de formation à verser (sauf dispositions conventionnelles ou usages plus avantageux).
Formations suivies en tout ou partie pendant le temps de travail : accord préalable de l'employeur requis.
Le salarié doit adresser une demande d'autorisation d'absence à son employeur avant le début de l'action de formation dans un délai qui ne peut être inférieur à :
- 60 jours calendaires si la durée de l'action de formation est inférieure à 6 mois,
- 120 jours calendaires si la durée de l'action de formation est égale ou supérieure à 6 mois.
À compter de la réception de la demande, l'employeur dispose d'un délai de 30 jours calendaires pour notifier sa réponse au salarié. L'absence de réponse de l'employeur dans ce délai vaut acceptation de la demande.
Par exception, l'autorisation d'absence est de droit pour les formations en français, suivies en tout ou partie durant le temps de travail par les salariés allophones (dont le français n'est pas la langue maternelle) signataires du contrat d'intégration républicaine, visant l'obtention de diplômes ou certifications permettant d'attester de la maîtrise du français à un certain niveau.
Les heures consacrées à la formation pendant le temps de travail constituent du temps de travail effectif. La rémunération du salarié est maintenue pendant la formation.
Quelle est la prise en charge des frais de formation dans le cadre du CPF ?
La prise en charge des frais de formation (frais pédagogiques uniquement) s'opère comme suit :
- Par la mobilisation en tout ou partie des sommes inscrites sur le compte CPF.
- Par la participation obligatoire du titulaire du compte à hauteur d'un forfait revalorisé tous les ans en fonction de l'inflation, sauf exceptions. Pour l'année 2026, il est de 103,20 € conformément à l'arrêté du 30 décembre 2025, publié au Journal officiel du 1er janvier 2026. Ajoutons que la participation peut être remboursée par l'employeur entre autres, sur demande du salarié.
- Par des financements supplémentaires et/ou complémentaires provenant du titulaire du compte lui-même, de l'employeur, de l'opérateur de compétences, de l'association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph),...
Les financeurs, dont les employeurs, peuvent réserver leur prise en charge à certaines actions, fixer un délai pour leur utilisation et demander le remboursement de sommes qui n'auraient pas été utilisées.
Concernant l'ordre de mobilisation des fonds, depuis le décret n°2025-1156 du 3 décembre 2025, publié le 4 décembre 2025, la CDC doit mobiliser les crédits supplémentaires attribués par les financeurs en priorité puis les fonds correspondant à l'alimentation annuelle du compte et enfin, les financements complémentaires. Cette règle a pour but de favoriser la co-construction des parcours de formation, c'est-à-dire le partenariat employeur-salarié dans l'élaboration et le financement des actions.
À noter : les frais annexes (notamment les frais de restauration, de transport, d'hébergement, d'équipements obligatoires nécessaires à la formation...) ne peuvent pas être financés par les droits acquis au titre du CPF et doivent, le cas échéant, être réglés par le titulaire du compte à l'organisme de formation en dehors du cadre de la plateforme.
Les employeurs disposent d'un portail d'information qui leur est dédié.
Pour toute précision, n'hésitez pas à vous rapprocher des juristes en droit social et/ou de votre gestionnaire de paie.
Sources : Articles L 6323-1 et suivants, R 6323 et suivants, D 6323-1 et suivants du Code du travail