Frais bancaires lors d’une succession : ce qui change
Publié le 08.09.2025
Que sont les frais bancaires de succession ?
Il est facile de s’y perdre lorsqu’on parle de frais de succession. Posons les bases.
On parle de succession lorsqu’une personne décède et qu’une transmission de patrimoine à ses héritiers à lieu.
Cette succession engendre différents frais pour les héritiers :
- Des droits de succession : Il s’agit d’une taxe que l’État prélève sur ce que l’héritier reçoit.
- Des frais de notaire pour payer les actes officiels (acte de notoriété, déclaration de succession…)
- Des frais bancaires de succession dus à la banque de la personne décédée.
Lors du décès d’un client, la banque doit effectuer plusieurs démarches :
- Blocage des comptes,
- Inventaire des fonds,
- Échanges avec le notaire,
- Transfert de l’argent aux héritiers,
- Clôture des comptes.
Dans cet article, nous ne traiterons donc que des frais bancaires de succession.
Quels sont les principaux frais facturés par les banques lors d’une succession ?
Nous venons de l’évoquer : lors d’une succession, les banques sont amenées à effectuer un certain nombre de démarches engendrant, par conséquent, des frais bancaires comme :
- Des frais de traitement du dossier,
- Des frais de clôture des comptes,
- Des frais de gestion de la succession.
La banque peut également facturer des frais en cas de succession considérée comme complexe.
Une succession est jugée complexe si :
- Le défunt n’a aucun héritier direct (conjoint, enfants, petits-enfants…).
- Un crédit immobilier est en cours dans la banque.
- Des comptes professionnels doivent être clôturés.
- Des sûretés (nantissements, garanties) existent sur les comptes ou produits d’épargne.
- Des éléments internationaux entrent en jeu (domicile fiscal ou résidence des héritiers à l’étranger, loi étrangère applicable).
Montant et plafonnement des frais bancaires de succession
Ces services étaient jusqu’ici facturés librement par chaque établissement, ce qui entraînait de fortes variations d’une banque à l’autre.
Un nouveau décret, publié au Journal officiel le 14 août 2025, encadre désormais les frais que les banques peuvent facturer lors de la clôture du compte d’un défunt.
Ces règles, entrées en vigueur le 13 novembre 2025, permettent aux héritiers de connaître de manière plus transparente le montant des frais bancaires de succession à payer.
À partir du 13 novembre 2025, le montant et le plafonnement des frais bancaires de succession sont les suivants :
- Les frais seront plafonnés à 1 % du total des soldes et produits d’épargne du défunt.
- Montant maximal : 850 €, revalorisé chaque 1er janvier selon l’évolution de l’inflation hors tabac.
Rappel : Seuls les comptes ouverts au nom du défunt (compte courant, livret A, livret d’épargne populaire…) sont concernés. Les héritiers peuvent consulter le fichier national des comptes bancaires (Ficoba) pour s’assurer qu’aucun compte n’est oublié.
Cas de gratuité
Avec le nouveau décret en vigueur depuis le 13 novembre 2025, les frais de succession seront totalement supprimés dans trois situations :
- Les comptes appartenaient à une personne mineure.
- Le solde total des comptes et produits d’épargne est inférieur à 5 910 € (révisé chaque année selon l’inflation hors tabac).
- Les héritiers présentent un acte de notoriété ou une attestation signée par tous, et les opérations ne présentent pas de complexité manifeste.
Quels produits sont concernés ?
Ces nouvelles règles s’appliquent aux comptes et produits suivants :
- Comptes de dépôt et comptes sur livret
- Livret A, Livret d’épargne populaire (LEP)
- Livret de développement durable et solidaire (LDDS)
- Livret jeune
- Plan d’épargne populaire (PEP)
Exclusion : Certains produits comme le Plan d’épargne avenir climat ou le Compte PME innovation ne sont pas soumis à ces plafonds, et les banques peuvent y appliquer des frais librement.
Ce qu’il faut retenir sur les frais bancaires de succession
En résumé, si les frais bancaires de succession sont désormais mieux encadrés grâce au décret du 14 août 2025, ils ne doivent pas être confondus avec les droits de succession versés à l’État ou les émoluments du notaire.
Depuis le 13 novembre 2025, la transparence est de mise : les banques ne peuvent plus facturer de frais de manière arbitraire, et la gratuité devient la règle pour les successions modestes (inférieures à 5 910 €) ou concernant des mineurs. Pour les dossiers plus conséquents, le plafonnement à 1 % (dans la limite de 850 €) offre une protection bienvenue aux héritiers face à des tarifs autrefois disparates.
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Le règlement des frais bancaires n’est que la partie émergée de l’iceberg administratif et fiscal d’une succession. Entre les plafonnements légaux, les abattements fiscaux et la complexité des actifs financiers, il est facile de laisser passer des opportunités d’optimisation.
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