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Le PARSADA : un outil collectif pour réduire les traitements phytosanitaires

Le 30 juin 2025, le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire a lancé un nouvel appel à projets doté de 45 millions d’euros, destiné à financer la recherche sur des techniques alternatives aux traitements phytosanitaires.
PARSADA PARSADA

Cet appel s’inscrit dans le cadre du PARSADA (Plan d’Action Stratégique pour l’Anticipation du Retrait Européen de Substances Actives et le Développement de Techniques Alternatives pour la Protection des Cultures), qui vise à réduire l’usage des produits phytosanitaires en agriculture conventionnelle.

Il complète la stratégie Écophyto 2030, initiée en 2008 pour réduire de moitié l’usage des pesticides en dix ans, objectif qui n’a jamais été atteint. Selon Christian Huyghe (INRAE), cet échec s’explique en partie parce que la transition reposait uniquement sur les agriculteurs. Le PARSADA adopte donc une approche co-construite avec les filières, identifie des priorités spécifiques et finance des projets de recherche, développement et déploiement de solutions alternatives.

L’objectif est de réduire significativement l’usage des phytosanitaires tout en préservant la performance économique des exploitations et la souveraineté alimentaire française. Comme le souligne Christian Huyghe : « La sortie des produits phytosanitaires est inéluctable, car presque aucune nouvelle molécule n’est homologuée au niveau européen depuis 2022-2023. »

Les leviers du PARSADA pour réduire les traitements

Axe 1 : Mieux connaître les bioagresseurs et les auxiliaires

  • Recherche et développement : approfondir les connaissances sur les ravageurs, maladies, adventices et leurs interactions avec les cultures et l’environnement.
  • Surveillance et anticipation : mettre en place des systèmes performants pour détecter les risques et anticiper les attaques.
  • Connaissance des auxiliaires : identifier les organismes utiles à la régulation naturelle (insectes auxiliaires, micro-organismes bénéfiques) et favoriser leur action.

Axe 2 : Développer et déployer des méthodes alternatives

  • Méthodes agronomiques : diversification des assolements, rotations longues, utilisation de variétés résistantes, adaptation du travail du sol.
  • Techniques alternatives au désherbage chimique : désherbage mécanique, faux semis, cultures de couverture…
  • Optimisation des dates de semis et plantation : éviter les périodes de forte pression des bioagresseurs.
  • Biocontrôle : utilisation de solutions naturelles (macro- et micro-organismes, substances naturelles, confusion sexuelle) ; entre 2012 et 2022, les usages ont triplé alors que ceux des produits chimiques ont diminué de 15 à 20 %.
  • Prophylaxie : mesures préventives pour limiter l’introduction et la propagation des maladies et ravageurs (nettoyage des équipements, gestion des résidus…).
  • Diversification des systèmes : rendre les cultures plus résilientes et moins dépendantes des intrants chimiques.
  • Aménagement du paysage : haies, bandes fleuries… pour favoriser la biodiversité et créer des habitats propices aux auxiliaires.

Axe 3 : Transfert de connaissances et accompagnement des agriculteurs

  • Formation des agriculteurs et conseillers aux pratiques alternatives et à l’agroécologie.
  • Partage d’expériences via réseaux de fermes DEPHY et groupes d’agriculteurs.
  • Soutien aux expérimentations sur le terrain pour valider et adapter les solutions aux contextes locaux.
  • Accompagnement financier pour faciliter la transition vers des systèmes moins dépendants des produits phytosanitaires.

💡 En résumé : le PARSADA mise sur une approche collective et intégrée pour réduire l’usage des phytosanitaires, alliant recherche, déploiement de solutions alternatives et transfert de connaissances aux agriculteurs, tout en maintenant la performance économique et la souveraineté alimentaire.

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