Le cadre réglementaire entourant la sécurisation des systèmes d'encaissement vient de connaître un nouveau tournant législatif. Après une période d'incertitude marquée par des restrictions temporaires, la Loi de Finances pour 2026 simplifie à nouveau les démarches de mise en conformité pour les entreprises assujetties à la TVA.
Un retour à la flexibilité pour les éditeurs et les entreprises
Depuis 2018, l'administration fiscale impose aux professionnels des règles strictes pour lutter contre la fraude à la TVA liée à la dissimulation de recettes. L'élément central de cette lutte est l'obligation d'utiliser un logiciel de caisse répondant à quatre critères fondamentaux : l’inaltérabilité, la sécurisation, la conservation et l’archivage des données.
Alors que la Loi de Finances pour 2025 avait supprimé la possibilité pour les éditeurs de délivrer eux-mêmes une attestation de conformité (obligeant le recours à des organismes tiers accrédités), la Loi de Finances pour 2026 rétablit l'autocertification.
Qui est concerné par cette obligation ?
L'obligation de posséder un logiciel sécurisé ne s'applique pas à toutes les entreprises. Elle cible spécifiquement :
- Les assujettis à la TVA : Personnes physiques ou morales réalisant des opérations imposables.
- Les ventes aux particuliers (B2C) : L'obligation est déclenchée dès lors que l'entreprise enregistre les règlements de clients non assujettis à la TVA.
Sont donc exclus :
- Les micro-entrepreneurs ou entreprises bénéficiant de la franchise en base de TVA.
- Les professionnels travaillant exclusivement avec d'autres professionnels (B2B).
Si vous choisissez d'utiliser un logiciel pour vos encaissements, celui-ci doit être certifié. Cependant, la loi n'oblige pas un professionnel à s'équiper d'un système de caisse pour réaliser ses encaissements s'il n'en possède pas déjà un.
Comprendre les quatre piliers de la conformité
Pour être valide, le logiciel doit garantir que les données de transaction ne peuvent pas être modifiées ou supprimées sans laisser de trace. Les quatre conditions cumulatives sont :
- L’inaltérabilité : Toute modification des données de règlement doit être enregistrée par des corrections (et non des suppressions).
- La sécurisation : Le système doit garantir l'intégrité des données d'origine.
- La conservation : Les données doivent être conservées pendant une durée légale de 6 ans.
- L’archivage : Le logiciel doit permettre de figer les données et de les dater précisément.
Les deux modes de justification de conformité
Avec le rétablissement de l'autocertification, les chefs d'entreprise disposent désormais de deux moyens pour prouver la conformité de leur outil :
- Le certificat délivré par un organisme accrédité qui intervient comme un tiers certificateur.
- L’attestation individuelle de l’éditeur : C'est le retour de cette option qui marque l'actualité de 2026. L'éditeur du logiciel peut à nouveau certifier lui-même que son produit respecte les critères légaux, via un modèle strictement défini par l’administration fiscale.
Risques et contrôles
L'administration fiscale peut exiger la présentation de ce document (certificat ou attestation) à tout moment :
- Lors d'une vérification de comptabilité classique.
- Lors d'un contrôle inopiné directement dans les locaux professionnels.
Les sanctions financières
Le défaut de présentation d'un justificatif de conformité est sanctionné par une amende de 7 500 € par logiciel ou système non sécurisé. Suite au constat d'infraction, l'entreprise dispose d'un délai de 60 jours pour régulariser sa situation.
Une transition sécurisée
Le rétablissement de l'autocertification par la Loi de Finances pour 2026 offre une souplesse bienvenue pour les éditeurs et réduit la pression administrative sur les utilisateurs finaux. Il est néanmoins impératif de vérifier que l'attestation en votre possession correspond exactement à la version du logiciel que vous utilisez actuellement.
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