Recruter un salarié saisonnier : cadre juridique et points de vigilance

Le recrutement saisonnier offre de la souplesse mais impose un cadre strict. Obligations contractuelles, temps de travail et logement : découvrez les clés pour sécuriser vos embauches.

À l’approche de la période estivale, le recours à des salariés saisonniers va s'accentuer dans de nombreux secteurs : agriculture, tourisme, loisirs, hôtellerie, restauration...

Si ce type de recrutement offre de la souplesse, il répond à un cadre juridique précis qu’il convient de maîtriser.

Le contrat de travail saisonnier est un contrat à durée déterminée (CDD) spécifique. Il doit être conclu pour l’exécution de tâches appelées à se répéter chaque année à des dates à peu près fixes, en fonction du rythme des saisons (récoltes, vendanges...) ou des modes de vie collectifs (tourisme, notamment).

Comme tout CDD, il doit être formalisé par écrit et comporter des mentions obligatoires : motif du recours, durée ou période minimale, poste occupé, rémunération, convention collective applicable, entre autres. Rappelons également qu'il est à remettre au salarié dans les 2 jours ouvrables suivant celui de l'embauche. Attention à ce qu'il soit dûment daté et signé par l'employeur et le salarié !

À noter : Il n’est possible de conclure un CDD saisonnier que pour une seule saison. Toutefois, si vous avez plusieurs saisons successives (exemple : en maraîchage, saison des replantations suivie par celle des récoltes), vous pourrez conclure des CDD successifs sans avoir à respecter un délai de carence entre les contrats. 

Dans tous les cas, l'embauche sous contrat de travail saisonnier ne peut conduire à pourvoir un emploi permanent.

Par ailleurs :

  • Le saisonnier n’est pas mensualisé ;
  • Le contrat saisonnier ne donne pas lieu au versement de la prime de précarité en fin de contrat, contrairement aux autres CDD.

En revanche, l’indemnité compensatrice de congés payés reste due à la fin du contrat, si ceux-ci n’ont pas pu être pris.

Points de vigilance à anticiper

  1. La durée du travail :
    Les saisonniers sont soumis aux mêmes règles que les autres salariés (durée légale, heures supplémentaires, repos quotidien et hebdomadaire), avec toutefois des aménagements possibles, entre autres dans le domaine agricole.
    En période de forte activité, le respect des temps de repos doit faire l’objet d’une attention particulière.
  2. Les conditions d’accueil :
    Lorsque l’employeur propose un logement, celui-ci doit répondre à des critères de décence et de sécurité.
    Cet avantage en nature doit être évalué et mentionné sur le bulletin de paie.
  3. La santé et la sécurité au travail :
    La santé et la sécurité au travail constituent également un enjeu majeur, notamment pour des salariés souvent peu expérimentés ou recrutés pour de courtes durées.
    Formation à la sécurité, remise des équipements de protection individuelle, évaluation des risques : ces obligations ne doivent pas être négligées.
  4. La reconduction prioritaire du contrat :
    Enfin, le recours récurrent aux saisonniers peut ouvrir droit à une reconduction prioritaire du contrat d’une année sur l’autre et le cas échéant, à une reprise d’ancienneté. Ce peut être le cas si des dispositions conventionnelles le prévoient ou à défaut, dans les branches d’activité listées par un arrêté du 5 mai 2017 (Exemples : hôtels, cafés, restaurants, jardineries) sous conditions. Il est donc recommandé d’organiser un suivi des salariés fidèles.

Anticiper ces aspects permet de sécuriser les recrutements et de garantir le bon déroulement de la saison, dans l’intérêt de l’employeur, comme des salariés.


Pour toute précision, n'hésitez pas à solliciter nos juristes en droit social.

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