La Cour de cassation a dernièrement rappelé les règles à respecter en matière de fixation de la rémunération d'un gérant de SARL et les conséquences de leur violation.
Dans cette affaire, deux personnes avaient constitué, en août 2019, une SARL, dont elles détenaient chacune 50 % du capital social. L'un des 2 associés avait été nommé gérant. A partir du 1er janvier 2020, ce dernier s'était octroyé, de son propre chef, une rémunération au titre de son mandat social. Elle représentait un total de 139 527 € lorsque l'autre associé disait l'avoir découvert en septembre 2022. Ce dernier avait alors intenté une action contre son co-associé pour qu'il rembourse cette somme à la société.
Il résulte de la décision de la Cour de cassation, reprenant les articles L 223-18 et L 223-22 du Code du commerce, les 2 principes suivants :
- Le gérant de SARL ne peut pas fixer seul sa rémunération ; elle doit être déterminée soit par les statuts, soit par une décision de la collectivité des associés.
- S'il se verse une rémunération sans autorisation, il engage sa responsabilité et a l'obligation de réparer le préjudice subi par la société.
| Arrêt de la Cour de cassation du 11 mars 2026, pourvoi n°24-15-111.
Nous profitons de cet arrêt pour souligner qu'un gérant minoritaire ou égalitaire d'une SARL qui perçoit une rémunération de gérance est un assimilé-salarié :
- Il est affilié au régime général de la sécurité sociale et jouit d'une couverture sociale identique à celle d'un salarié (maladie, retraite, prestations familiales) à l'exception de l'assurance chômage.
- Un bulletin de paie doit lui être remis et il est déclaré en DSN.
- Il a obligatoirement le statut de cadre.
Pour toute mise en place de prime, nous vous conseillons de prendre contact avec nos juristes en droit social ou votre gestionnaire de paie.