L’été 2026 a été marqué par un déficit hydrique sévère qui a profondément affecté les sols et les cultures sur l’ensemble du territoire. Face à l’absence de levée, la destruction de semis ou l’impossibilité d’implanter les cultures prévues, l’administration française et les organismes de tutelle ont mis en place un ensemble de mesures d’assouplissement.
Ce bilan synthétise les adaptations réglementaires applicables à la Politique Agricole Commune (PAC), à l’agriculture biologique, aux mesures agroenvironnementales et aux obligations de la directive nitrates.
Incidences sur les aides de la PAC (campagnes 2026 et 2027)
L’impact du manque d’eau dépasse l’année en cours et s'étendra sur la campagne 2027. Les exploitants doivent anticiper les répercussions administratives pour préserver leurs droits aux aides.
Suivi des surfaces (3STR) et demandes de force majeure
Le Système de Suivi des Surfaces en Temps Réel (3STR), basé sur l’imagerie satellite, peut attribuer des « feux rouges » lorsque la végétation observée ne correspond pas à la déclaration initiale (culture non implantée, non levée ou détruite).
Pour régulariser ces anomalies d’origine climatique sur la campagne 2026, il est indispensable de formuler une demande explicite de reconnaissance de force majeure auprès des services instructeurs.
Impact sur le cheptel et l’ICHN pour 2027
Le manque de ressources fourragères durant l’été 2026 a contraint certains élevages à une décapitalisation précoce. Ce déstockage d’animaux risque de modifier le taux de chargement pris en compte pour l’Indemnité Compensatoire de Handicaps Naturels (ICHN).
Des dérogations fondées sur l'événement climatique de l’été 2026 pourront être invoquées lors de la déclaration PAC 2027 pour neutraliser cet impact.
Remplacement des cultures et écorégimes
Les semis de fin d'été, notamment le colza, ont subi de multiples échecs d'implantation. Si une culture de remplacement est semée à la place du colza détruit, le niveau de points obtenu au titre de la voie de la diversité des cultures (écorégime) peut se trouver dégradé.
Pour conserver son niveau de paiement écorégime lors de la campagne PAC 2027, la procédure exige de constituer un dossier probant comprenant :
- Des photos géolocalisées prouvant la destruction ou le non-développement de la culture initiale ;
- Les factures d'achat des semences d'origine et de remplacement.
Report d’implantation des couverts végétaux dans le Maine-et-Loire
Dans le département du Maine-et-Loire (49), les exigences de la directive nitrates relatives à l’implantation des couverts d’interculture ont été adaptées par arrêté préfectoral.
Compte tenu de la sécheresse des sols rendant tout travail du sol inefficace :
- La date limite d’implantation des couverts d'interculture longue est repoussée au 31 octobre 2026 ;
- Cette tolérance s’applique quelle que soit la date de récolte de la culture précédente.
Agriculture biologique : assouplissement pour l'achat de fourrage conventionnel
La pénurie de fourrage certifié en Agriculture Biologique (AB) a conduit l’Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) à élargir temporairement la liste des aliments d’origine conventionnelle autorisés à l'achat.
Aliments concernés
Auparavant limitée à certains types de foins et d’enrubannages, la dérogation intègre désormais :
- Le foin, l'ensilage et l'enrubannage d'herbe ;
- Le méteil et le sorgho fourrage ;
- L'ensilage de céréales ;
- Le maïs ;
- Les légumes et racines fourragères.
Procédure obligatoire
L’achat de fourrage non bio ne peut se faire de manière rétroactive. L’exploitant doit obtenir l’accord préalable de l’administration en déposant un dossier en ligne sur la plateforme officielle DérogBio avant toute transaction.
Mesures Agroenvironnementales et Climatiques (MAEC)
Les exploitations engagées dans des contrats MAEC peuvent se trouver dans l’incapacité technique de respecter l’intégralité des obligations de leur cahier des charges (gestion des pâturages, fauche tardive, taux de couverture).
En cas d'impossibilité avérée :
- Une demande individuelle de dérogation pour cas de force majeure doit être transmise directement à la Direction Départementale des Territoires (DDT).
- Ce document doit détailler précisément les engagements impossibles à tenir et justifier le lien direct avec la sécheresse.
Chaque dossier est examiné individuellement par les services de l'État pour éviter les pénalités ou la remise en cause des aides perçues.