Vers une retraite en douceur : tout savoir sur la retraite progressive

La retraite progressive est un dispositif qui permet au salarié proche de l’âge de la retraite de réduire son temps de travail tout en percevant une partie de sa pension de retraite. Cette mesure vise à faciliter une transition en douceur entre l’activité professionnelle et la cessation totale d’activité.

Conditions à remplir par l'assuré

 

Pour accéder au dispositif, l’assuré doit remplir les conditions suivantes :

  • Justifier de 150 trimestres d’assurance et de périodes reconnues équivalentes dans un ou plusieurs régimes obligatoires de base d’assurance vieillesse
  • Etre âgé d'au moins 60 ans depuis le 1er septembre 2025 (Décret n°2025-681 du 15 juillet 2025 fixant l'âge d'ouverture du droit à la retraite progressive à soixante ans).

Dans le cadre de la retraite progressive, le salarié doit réduire son activité à une fourchette comprise entre 40% et 80% de la durée légale ou conventionnelle de travail.

 

Procédure de la demande

La demande émane du salarié par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) et précise la durée de travail souhaitée et la date à partir de laquelle il souhaite travailler à temps partiel ou réduit. Cette demande doit être effectuée au moins deux mois avant la date de début souhaitée. L’employeur répond par LRAR dans les deux mois suivant la réception de la demande.

En l’absence de réponse écrite et motivée dans ce délai, la demande est considérée comme acceptée.

L’employeur peut refuser le passage à temps partiel, mais le refus doit être justifié par l’incompatibilité de la durée de travail demandée avec l’activité économique de l’entreprise. La loi du 24 octobre 2025 (n°2025-989) exige que l'employeur justifie les conséquences de la réduction du temps de travail sur la continuité de l'activité et les difficultés de recrutement potentielles.

L’accord doit être formalisé par un avenant au contrat de travail précisant les modalités de réduction de temps de travail et de rémunération.

Parallèlement, le salarié doit faire une demande en ligne sur le site Info Retraite. 

Montant de la pension

La retraite progressive consiste en un versement partiel de la pension (ou des pensions résultant d’activités diverses) à laquelle l’assuré a droit au moment de la demande. Ce montant est lié à la quotité d’activité conservée ou, pour les assurés non soumis à une durée du travail, au pourcentage de diminution de leurs revenus professionnels.

Par exemple, lorsque le salarié effectue un temps partiel à 80%, la part de retraite versée est de 20%.

Pour aller plus loin sur ce sujet, vous pouvez consulter notre article Du changement dans la gestion des salariés "séniors".

Impact sur la retraite à venir

Les cotisations sociales obligatoires restent dues sur le salaire réduit comme pour n’importe quel autre salarié à temps partiel.

Le salarié ne cotise pas à perte : la retraite progressive lui permet d’acquérir de nouveaux trimestres.

Le salarié peut demander à cotiser sur un salaire à taux plein avec l’accord de l’employeur. Cet accord prend la forme d’un avenant au contrat de travail.

La retraite progressive dure jusqu’au départ en retraite du salarié.

Attention toutefois : si le salarié travaille moins de 40% ou plus de 80% de la durée légale du travail, la pension de retraite ne sera plus versée.

Ces contenus peuvent vous intéresser

Réussir l'intégration d'un nouveau collaborateur

L'arrivée d'une recrue impacte directement la dynamique d'une entreprise. Un parcours d'intégration structuré permet de sécuriser la prise de poste et de pérenniser...
En savoir plus

Votre salarié va prendre sa retraite mais souhaiterait retravailler chez vous. Est-ce possible ?

Un salarié retraité peut réintégrer votre entreprise via le cumul emploi-retraite. Toutefois, le cadre juridique devient plus restrictif au 1er janvier 2027 : voici...
En savoir plus

Contrat d'apprentissage : les points de vigilance tout au long de la vie du contrat

Du rôle de l'OPCO aux spécificités des mineurs, en passant par les avenants et la rupture, faites le point sur le cadre juridique du contrat d'apprentissage.
En savoir plus

Fin du statut de conjoint collaborateur : les premières échéances arrivent

Le 31 décembre 2026 marque la fin de la limite de 5 ans du statut de conjoint collaborateur. Sans démarche, le basculement en salarié sera automatique dès 2027....
En savoir plus