Le secteur agricole fait face à une conjoncture internationale particulièrement complexe. La flambée des prix des engrais azotés, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la crise énergétique, vient fragiliser un secteur déjà éprouvé par des campagnes déficitaires, des aléas climatiques marqués par la sécheresse et une rentabilité sous pression.
Afin de préserver la capacité productive des exploitations et de sécuriser les récoltes de la campagne 2027, le Gouvernement a présenté un plan d'urgence financier couplé à une feuille de route stratégique à long terme.
Un guichet d'aide d'urgence pour préserver la trésorerie agricole
Pour soutenir immédiatement les exploitations face au surcoût des intrants, une enveloppe financière allant jusqu'à 145 millions d'euros a été débloquée. Ce budget associe les fonds de la réserve de crise de l'Union européenne (107 millions d'euros) à des crédits nationaux complémentaires.
Les conditions de l'aide en un coup d'œil
Le dispositif a été pensé pour apporter une réponse rapide et équitable, adaptée aux niveaux d'exposition de chaque structure :
| Critères | Modalités du dispositif |
|---|---|
Période d'éligibilité | Achats d'engrais azotés simples réalisés entre le 1er juin 2026 et le 30 septembre 2026. |
Montant de base | 50 € par tonne d'engrais azoté simple acheté. |
Plafond individuel | L'aide est limitée à 50 % du volume consommé en 2025. |
Montant majoré | Portée à 70 € par tonne si le poste engrais représente plus de 10 % des charges de l'exploitation. |
Note importante : Ce mécanisme cible en priorité les filières de grandes cultures, particulièrement dépendantes de ces intrants et touchées par la baisse des cours mondiaux.
Une stratégie sur le long terme pour la souveraineté en engrais
Au-delà de l'urgence conjoncturelle, l'État déploie un plan de sobriété et d'autonomie industrielle articulé autour de trois grands axes prioritaires d'ici 2030 à 2032 :
Optimisation et précision agronomique
- Développement du pilotage : Augmentation de 40 % des surfaces gérées avec un bilan azoté à la parcelle, un recours accru aux analyses de sol et aux OAD (outils d'aide à la décision).
- Réduction du surplus : Baisse de 20 % du surplus brut d'azote et orientation de 30 % des systèmes vers le bas-intrant.
- Diversification : Objectif d'atteindre 2,7 millions d'hectares de cultures de légumineuses.
Valorisation des effluents et alternatives organiques
- Équipement des élevages : Atteindre 80 % de fosses couvertes pour les effluents liquides bovins et porcins afin de limiter les pertes d'ammoniac.
- Optimisation de l'épandage : Enfouissement sous 12 heures pour 30 % de l'urée et 20 % des solutions azotées.
Souveraineté industrielle et décarbonation
- Investissement industriel : Soutien public à hauteur de 620 millions d'euros sur un plan global de 2 milliards d'euros pour moderniser le tissu industriel français.
- Objectif de production : Augmenter de 20 % la production nationale d'engrais azotés décarbonés d'ici 2032.
- Mesures de compétitivité : Dispositifs de compensation carbone indirecte (CCO₂) pour l'industrie et négociations européennes sur l'ajustement du marché carbone (ETS).
Cerfrance vous accompagne dans vos démarches
Les conseillers et experts-comptables Cerfrance se tiennent à votre disposition pour vous accompagner pas à pas :
- Fourniture de l'attestation certifiée : Cerfrance établit l'attestation obligatoire pour justifier le taux de dépendance et bénéficier de l'aide majorée.
- Justification du taux de dépendance : Ce document comptable est indispensable à défaut d'un bilan certifié avec un compte de résultat détaillé.
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