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Réforme des retraites agricoles : où en est-on en 2025 ?

En avril 2025, le Parlement a définitivement adopté une réforme majeure du régime de retraite des agriculteurs, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2025. Parallèlement, la loi de financement (LFSS) prévoit des mesures spécifiques au monde agricole, visant à mieux reconnaître les parcours professionnels souvent précaires des exploitants.

Un nouveau cap pour la retraite des exploitants agricoles

En avril 2025, le Parlement a définitivement adopté une réforme majeure du régime de retraite des agriculteurs, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2025. Parallèlement, la loi de financement (LFSS) prévoit des mesures spécifiques au monde agricole, visant à mieux reconnaître les parcours professionnels souvent précaires des exploitants.

Rappel du système actuel

Le régime de base des agriculteurs repose historiquement sur deux composantes :

  • Une pension forfaitaire, versée au prorata des trimestres validés, plafonnée à 288,48 €/mois pour une carrière complète (donnée 2024),
  • Une pension proportionnelle, calculée en fonction des points acquis selon les revenus. Chaque point vaut 4,264 € en 2024.

👉 En cas de carrière incomplète ou de faibles revenus, ces pensions peuvent être fortement réduites. Résultat : de nombreux retraités agricoles vivent avec des pensions modestes, parfois complétées par le minimum vieillesse ou des dispositifs de revalorisation.

Ce que prévoit la réforme (PLFSS 2025)

Pour garantir un revenu de retraite plus juste aux agriculteurs ayant cotisé toute leur vie, plusieurs mesures-clés ont été votées :

Fusion des pensions

Les deux composantes (forfaitaire et proportionnelle) seront progressivement remplacées par une pension unique, calculée sur la base des 25 meilleures années de revenus.
➡️ Cela entraînera la suppression des cotisations AVA et AVI, au profit d'une cotisation unifiée.

Passage au régime par points

Le système de retraite passera progressivement à un calcul par points, calqué sur le régime universel :

  • Phase pilote : dès le 1er janvier 2026 pour certaines catégories d’agriculteurs.
  • Généralisation : à partir de 2027, y compris pour la retraite complémentaire.

Validation des périodes d’aide familiale

Les périodes d’aide non salariée assurées par les membres de la famille (souvent non reconnues jusqu’ici) seront désormais prises en compte pour valider des trimestres.

Relèvement du minimum retraite

Un minimum garanti est instauré : chaque retraité agricole bénéficiera d’au moins 288,48 €/mois pour une carrière complète, même avec de faibles revenus.

Une mise en œuvre progressive

  • 2026 : Lancement du calcul sur les 25 meilleures années pour certaines catégories.
  • 2027–2028 : Extension du calcul par points à l’ensemble des droits.
  • Dès 2028 : Mise en place de la cotisation unifiée pour tous.

Mesures complémentaires en faveur du monde agricole

Jeunes chefs d’exploitation

Un allègement de cotisations est prévu pour les jeunes installés ayant un revenu inférieur à 51 810 € :

  • Réduction progressive des cotisations allocations familiales.
  • Cumul avec l’exonération partielle (Amexa) sur les cotisations sociales :
    • 65 % la première année, dégressif jusqu’à 15 % la cinquième année.

Conjoints collaborateurs

  • Le statut de conjoint collaborateur, valable 5 ans depuis 2022, prendra fin au 31 décembre 2026.
  • Toutefois, les personnes atteignant le taux plein de retraite avant le 1er janvier 2032 pourront continuer à bénéficier du statut jusqu’à la liquidation de leurs droits.

Aide familiale : nouvelle présomption

Désormais, une présomption d’aide familiale s’appliquera automatiquement aux membres de la famille vivant sur l’exploitation (enfants, parents, conjoints…), sauf s’ils sont :

  • Déjà affiliés à un autre régime,
  • Retraités,
  • Ou en incapacité de travail.

Pérennisation du dispositif TO-DE

Le dispositif d’exonération patronale pour l’embauche de travailleurs occasionnels agricoles (TO-DE) est renforcé :

  • L’exonération passe de 20 % à 25 %.
  • Elle est étendue aux Cuma et coopératives, sous conditions.
  • Une évaluation gouvernementale est prévue avant le 1er octobre 2025.

Ce qu’il faut retenir

  • Un nouveau modèle de retraite agricole se met en place dès 2026, plus lisible, plus équitable et plus adapté aux réalités économiques du métier.
  • Les aides aux jeunes installés, la reconnaissance de l’aide familiale, et la pérennisation du TO-DE viennent soutenir la profession dans son ensemble.

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