Publié le 04.02.2026
Le dispositif du cumul emploi-retraite (CER), pierre angulaire de la fin de carrière pour de nombreux Français, subit une transformation radicale. Adoptée dans le cadre de la Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) pour 2026, cette réforme modifie en profondeur les règles du jeu pour toutes les pensions liquidées à compter du 1er janvier 2027.
Désormais, le système abandonne la complexité des trimestres cotisés pour se piloter quasi exclusivement par l’âge de l’assuré. Voici le décryptage complet des nouvelles tranches et des opportunités offertes.
Les trois paliers de la réforme selon l’âge
La grande nouveauté réside dans la structuration du cumul autour de trois bornes d'âge distinctes. L'objectif affiché est d'inciter au maintien dans l'emploi jusqu'à 67 ans.
Avant l’âge légal de départ (64 ans)
Le cumul reste autorisé mais devient financièrement neutre.
- Le principe : Un "écrêtement" total est appliqué. Chaque euro gagné via votre activité professionnelle réduit votre pension d'un euro.
- L'impact : Ce régime vise à décourager les départs précoces (carrières longues) suivis d'une reprise immédiate d'activité.
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Entre l’âge légal et 67 ans : Le cumul partiel
C'est ici que le changement est le plus marqué. Le cumul est autorisé, mais sous surveillance stricte des revenus.
- Le seuil de tolérance : Un montant annuel (estimé à 7 000 € par décret) pourra être cumulé sans impact sur la pension.
- La règle de l’écrêtement : Au-delà de ce seuil, votre pension de retraite est réduite de 50 % du montant dépassant le plafond.
Exemple : Si vous gagnez 10 000 € sur l'année, vous dépassez le seuil de 3 000 €. Votre pension sera amputée de 1 500 €.
À partir de 67 ans : Le cumul intégral (ou libéralisé)
C'est le "Graal" pour les actifs seniors. À l'âge du taux plein automatique, toutes les barrières tombent.
- Revenus illimités : Vous percevez 100 % de vos pensions et 100 % de vos revenus d'activité, sans aucun plafonnement ni réduction.
Acquisition de nouveaux droits : une seconde pension bonifiée
Jusqu'à présent, les droits acquis lors d'un cumul emploi-retraite étaient très encadrés. La réforme de 2027 apporte deux améliorations majeures pour ceux qui travaillent après 67 ans :
- Suppression du plafond des 5 % : La seconde pension de retraite issue de l'activité reprise ne sera plus limitée à 5 % du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS). Cela permet une revalorisation bien plus significative de la retraite finale.
- Acquisition de droits immédiate : Pour les pensions liquidées dès 2027, les cotisations versées permettent d'acquérir de nouveaux trimestres et points dès le premier jour, sans plafond restrictif.
Fin du délai de carence : une souplesse pour les entreprises
C’est une excellente nouvelle pour la gestion des talents et la transmission des savoir-faire en entreprise.
Auparavant, une reprise d'activité chez le même employeur imposait un délai de carence de 6 mois pour que les cotisations génèrent de nouveaux droits à la retraite. Ce délai est supprimé.
Conséquence : Un salarié peut liquider sa retraite le vendredi et reprendre son poste (ou un poste de consultant/tuteur) le lundi suivant tout en commençant immédiatement à cotiser pour sa seconde pension.
Les points de vigilance indispensables
Avant de vous lancer, gardez à l'esprit ces conditions impératives :
- Liquidation totale : Pour bénéficier du CER (partiel ou intégral), vous devez avoir liquidé toutes vos pensions (base et complémentaire, françaises et étrangères).
- Date d'effet : Ces règles ne s'appliquent qu'aux pensions prenant effet à partir du 1er janvier 2027. Si vous êtes déjà retraité avant cette date, vous restez soumis aux anciennes règles (plus favorables dans certains cas).
Cette réforme complexifie les arbitrages financiers entre 64 et 67 ans, mais offre une liberté inédite après 67 ans. Le choix entre cumul emploi-retraite et retraite progressive devient plus que jamais stratégique.
Vous prévoyez de liquider vos droits en 2027 ? Ne restez pas dans l'incertitude. Un audit de votre situation par un expert-comptable est essentiel pour calculer précisément l'impact de vos revenus d'activité sur votre future pension.