Visite médicale de reprise : vérifiez votre convention collective

La Cour de cassation considère, dans un arrêt récent, que la durée d'arrêt de travail pour l'organisation de la visite médicale de reprise est celle prévue par la convention collective. Peu importe qu'elle soit devenue plus courte que la durée fixée par la réglementation en vigueur.

Ainsi que nous vous l'indiquions le mois dernier, en l’état actuel de la législation, à l’issue d’un arrêt de travail lié à la vie privée d'un salarié supérieur à 60 jours, ce dernier doit faire l'objet d'une visite médicale de reprise auprès du service de prévention et de santé au travail à la demande de l'employeur.

La durée d’arrêt de travail entraînant l’obligation d’organiser la visite médicale de reprise n’a pas toujours été la même, dans le Code du travail, pour la maladie non professionnelle : précédemment 21 jours, puis 30 jours.

Si une convention collective reprend la durée fixée par la réglementation et qu'elle n'a pas été revue lors des modifications de cette dernière, elle prévoit une durée d’arrêt de travail plus courte que celle fixée par les textes.

 

Dans une affaire soumise à la Cour de cassation, le 6 mai dernier, un salarié avait été placé en arrêt maladie pendant 46 jours. Il reprochait à son employeur de ne pas avoir organisé de visite de reprise conformément à l'article 3.4 de la convention collective applicable, soit celle des entreprises de propreté et services associés, prévoyant cette visite après un arrêt d'au moins 3 semaines. L'employeur estimait pour sa part que la convention renvoyait à des dispositions réglementaires qui n'existaient plus.

La Cour de cassation a donné tort à l'employeur. Elle a considéré qu'il fallait retenir la durée minimale fixée par la convention collective, peu importe qu'elle n'ait pas été modifiée à la suite des évolutions réglementaires.

A la lumière de cette décision, nous vous engageons à vérifier si votre convention collective prévoit des dispositions en matière de durée d'arrêt maladie ; l'absence de cette visite de reprise ayant des conséquences juridiques importantes.

Ces contenus peuvent vous intéresser

Prendre soin de vous pour faire grandir votre entreprise : Et si s’absenter était une preuve de bonne gestion ?

Déconnecter n'est pas un luxe, c'est un acte de gestion. Découvrez une méthode simple pour anticiper, déléguer et pérenniser la croissance de votre entreprise en...
En savoir plus

Recruter un salarié saisonnier : cadre juridique et points de vigilance

Le recrutement saisonnier offre de la souplesse mais impose un cadre strict. Obligations contractuelles, temps de travail et logement : découvrez les clés pour...
En savoir plus

Un employeur peut-il adapter les horaires de travail de ses salariés en période estivale ou en cas de surcharge de travail ?

Face à la chaleur ou à un pic d'activité, l'employeur peut adapter les horaires ou imposer des heures supplémentaires. Cette prérogative reste toutefois encadrée...
En savoir plus

Loi de simplification de la vie économique : retour sur 3 dispositions en droit du travail

La loi de simplification du 26 mai 2026 allège les démarches des entreprises. Dépôt du règlement intérieur, cession et exonérations fiscales : zoom sur 3 évolutions...
En savoir plus